Le Fonds mondial pour la nature (WWF) vient de tirer la sonnette d’alarme une fois de plus. Dans un nouveau rapport publié le 9 octobre, l'organisation affirme que 73% des animaux de notre planète ont disparu de la surface du globe ces 50 dernières années. Dans le détail, il s'agit de 56% de la faune marine et de 69% des animaux terrestres. On connait les causes : destruction des habitats, pollution, changement climatique. On connait aussi les conséquences : "La nature, c'est ce qui amortit les événements extrêmes comme les inondations, les tempêtes, le vent... et quand on perd la faune, on perd la forêt, on perd les herbes, on perd notre amortisseur."
Des systèmes de moins en moins résilients face à des catastrophes de plus en plus graves. Voilà le terrible constat du nouveau rapport "Planète Vivante 2024" de la WWF, qui devrait plutôt s’appeler "planète bientôt décédée si on continue comme ça". L'organisation publie ce document à l’aube d’un rendez-vous très important, j'ai nommé la Grande Conférence Internationale sur la Préservation de la Biodiversité, appelée aussi la COP16. Elle s'ouvre lundi prochain à Cali, en Colombie. Ou peut-être pas.
"Nous invitons les délégués de la communauté nationale et internationale à s'abstenir d'assister à la COP16". C'est ce qu'écrit sur X (anciennement Twitter) la guérilla de l'État-Major Central (EMC). C’est une des principales factions dissidentes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui ont refusé la paix conclue par le groupe communiste avec le gouvernement colombien en 2016.
Une mise en garde assumée lancée aux 12 000 participants de la COP16, venus de 200 pays et attendus pour cette importante échéance. Rappelons tout de même que les dissidents des FARC ont un pied (voire deux) dans le trafic de cocaïne. Or, la culture de coca est à l'origine d'énormément de déforestation en Colombie. L'EMC a un clair intérêt à ce que personne n'agisse contre la destruction de l'environnement.
Bien que les guérillas soient nombreuses et actives en Colombie, il était prévu d'organiser une trêve à l'occasion de la COP16. L'organisation de l'événement s'est retrouvé chamboulé après que l'armée colombienne ait lancé, le 12 octobre, une offensive militaire dans l'un des principaux bastions de l'EMC, décrit comme une "bourse internationale de la cocaïne". Le président colombien Gustavo Petro assure néanmoins que "la sécurité de la COP est garantie". Premier dirigeant de gauche du pays, Petro souhaite faire de la Colombie le fer de lance de la protection de la biodiversité auprès de la communauté internationale.
Menace de guérillas colombiennes à part, la COP16 pourrait préparer les débats de la COP29. Cette (très) importante conférence de l’ONU sur le changement climatique, se tiendra à Bakou (Azerbaïdjan) du 11 au 22 novembre prochain.
Image d'illustration : Des arbres coupés illégalement dans l'objectif de planter de la coca, Colombie, 2021 Raul ARBOLEDA / AFP
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